La conceptualisation comme source de bonheur (traduction de: „Konzeptualisierung als Glücksquelle“)

Traduction en français d’un texte écrit en allemand le 2 juin 2013

Résumé: Depuis peu il me semble que ce n’est pas seulement le traitement de l’information qui au niveau du cerveau est connoté positivement, mais surtout la conceptualisation! L’agencement de la classe doit être constitué de façon à permettre pour les élèves et les étudiants une conceptualisation permanente.

1.Traitement de l’information et bonheur

Longtemps j‘étais persuadé que au-delà des besoins fondamentaux décrits par Maslow, le traitement de l’information lui aussi était un besoin fondamental.  Et je ne me trompais pas. En effet, sans traitement permanent des informations les êtres vivants ne sont pas en mesure de s’adapter aux changements de leur environnement et en peu de temps ils ne sont plus en mesure d’assurer leur survie. C’est pourquoi le traitement de l’information est connoté au niveau du cerveau comme très gratifiant: il est agréable de traiter de l’information. Cependant pas n’importe quelles informations. Il faut que celles-ci présentent les caractéristiques suivantes:

  • Quantité: juste milieu. Suffisamment d’informations (pour éviter l’ennui), mais pas trop (pour éviter que le cerveau soit trop sollicité).
  • Complexité: pas trop complexe (le cerveau n’est pas en mesure de comprendre), pas trop simple (pour éviter l’ennui)
  • Vitesse du flux d’informations: pas trop lent, pas trop rapide.

Pour plus de détails sur les caractéristiques des informations motivant la personne réceptrice voir Portele (1975).

2. Le traitement de l’information et le contrôle

Le traitement de l’information n’est pas un but en soi mais un moyen. En effet le but de toute activité de l’organisme est sa propre survie. Et toutes les activités qui contribuent à sa survie doivent être associées très positivement émotionnellement pour motiver l’organisme à les accomplir, même si elles coûtent beaucoup d’efforts. Cela concerne toutes les fonctions nécessaire à la survie de l’individu ou de l’espèce, telle que la nutrition ou l’acte sexuel. Si les activités liées à ces fonctions n’étaient pas récompensées par des plaisirs intenses, nous ne fournirions en aucun cas les efforts nécessaires. Pensons en particulier à l’acte sexuel!  Au niveau émotionnel toutes ces activités nécessaires pour assurer la survie, lorsqu’elles sont couronnées de succès, conduisent à un sentiment qui inclut et dépasse tous les autres: le sentiment de contrôle! Ce sentiment de contrôle connaît son apogée dans le flow,  un pénomène décrit par Csikszentmihalyi. Lorsque l’organisme atteint un niveau (éphémère) de contrôle absolu, il se récompense lui-même par le sommet émotionnel le plus élevé dont il dispose, par le flow!

3. Conceptualisation, contrôle et flow

Depuis un certain temps j’observe sur moi-même que bien sûr le traitement de l’information est lié à des sensations positives, mais que ce qui est récompensé de la manière la plus intense par le flow est la conceptualisation. Par conceptualisation j’entends la production de schémas cognitifs qui condensent un ensemble vaste d’informations en modèles compactes, générateurs d’activités. Quelques exemples: quand je professais encore à l’université (avant ma retraite) je proposais aux élèves et étudiants des survols en quelques semaines, par exemple „L’histoire de la littérature française des origines jusqu’à aujourd’hui“, „L’histoire de l’Europe de l’antiquité à aujourd’hui“ etc. Des survols de ce type me coûtaient énormément de travail car il fallait réduire la complexité de façon radicale. De même les visites de musées ou de villes que je faisais avec mes élèves en un temps record („strait to the essentials“) et qui les amusait beaucoup, car nous courrions à travers la ville et les salles de musées au grand étonnement des passants et autres spectateurs (par exemple 30 minutes pour visiter le musée du Louvre). Maintenant que je suis à la retraite je prends un grand plaisir à traiter avec des groupes de philosophie Hegel ou Schopenhauer en 20 minutes chacun! Cela exige de moi une conceptualisation forcenée avant les cours. Par un effort intellectuel considérable je suis en mesure de réduire la complexité de contenus extrèmement compliqués, de les comprimer au maximum, de sorte que je puisse les communiquer de façon ludique aux participants. Ceux-ci, dans leurs évaluations, mettent particulièrement  en avant cet aspect amusant et décontracté. Pas de perfectionnisme, pas de bombardement de détails superflus. Juste l’essentiel! Pour mieux faire comprendre le sentiment de flow qui s’empare de moi,  je vais essayer de décrire le phénomène à l’exemple de mon cours sur Hegel, un penseur extrèmement difficile à saisir!

Il est très important dès le départ, d’avoir mentalement devant les yeux le groupe auquel on va s’adresser. Le seul fait de penser à son futur public et au plaisir qu’on va lui faire prendre nous motive à fournir les efforts nécessaires à la préparation.

  • Première étape: la masse énorme d’informations à maîtriser (la vie et l’oeuvre de Hegel) induisent en nous en sentiment d’impuissance et de perte de contrôle.
  • Deuxième étape: nous divisons le contenu en petites portions, de sorte que le contrôle commence à s’exercer sur les différents éléments du contenu (on comprend ce que Hegel veut dire par „être en soi“, „être autre“ et „être en soi et pour soi“. Ne paniquez pas, c’est seulement un exemple!🙂. Toutefois ce qui domine encore à ce stade c’est le sentiment d’impuissance!
  • Troisième étape: Peu à peu les parties qu’on ne comprenait pas se réduisent. Ce qu’on comprend devient un objet ludique, drôle. Il est par exemple amusant d’utiliser le terme „être en soi et pour soi“ parce que son sens n’est pas vraiment compliqué mais que le terme a l’air si absurde, qu’il en devient drôle! Je me réjouis d’avance à l’idée que mes participants s’amuseront, eux-aussi, à utiliser ce terme absurde dans des conversations entre amis!🙂 Si nos stagiaires de Lille commencent à utiliser le terme „conceptualisation comme source de bonheur“ au quotidien, je crois que cela sera amusant pour eux!
  • Quatrième étape: les différents éléments décrits (chez Hegel par exemple „l’esprit subjectif“, „l’esprit objectif“ et „l’esprit absolu“) vont être peu à peu intégrés et nous voyons apparaître un ensemble clair et compacte, qui nous donne de plus en plus l’envie de le communiquer à nos participants. On a de plus en plus envie de présenter ce fou de Hegel à son groupe de stagiaires, d’élèves ou d’étudiants: „Vous voyez, Hegel finalement ce n’est pas si compliqué“!🙂
  • Cinquième étape: l’action!  Toute cette transmission de schémas cognitifs (Hegel) n’a de sens que s’il conduit à des actions. Les participants  vont comprendre la dialectique de Hegel et von utiliser ce principe dans l’interprétation de leur quotidien. Comme ils ont compris Hegel et sa dialectique, comme ils le maîtrisent et le contrôlent, ils veulent aussi communiquer cette dialectique aux autres! Cela veut dire concrètement: „Si je dis quelque chose (thèse), tu vas tout de suite dire le contraire (antithèse). Ce serait super, si on pouvai se mettre d’accord sur le fait, que nous avons tous deux raison (synthèse)“. Flow! -> Flow -> Flow!

On a bien vu que le traitement de l’information nous permet de contrôler une partie de notre espace de vie, mais que ce qui assure durablement notre survie, c’est la production permanente de schémas cognitifs, donc la conceptualisation permanente.

4. Les implications méthodiques de la conceptualisation pour l’école et l’université

Il est évident que l’expansion du numérique a donné naissance à de nouvelles techniques qui systématisent le traitement de l’information par les élèves et les étudiants. C’est ici que je situerais la classe inversée. Pourtant il semble que ces techniques ne favorisent pas suffisamment encore la conceptualisation, telle que je viens de la décrire, et sa récompense le flow. Si nous voulons entrainer nos élèves, étudiants et stagiaires de façon systématique à conceptualiser en vue de gagner un contrôle stable sur leur savoir, leurs expériences et leur vie (construction de leur carte cognitive), la méthode „Enseigner pour apprendre“ correspond à ces objectifs: dans le cadre d’une construction et transmission de savoir par les apprenants eux-mêmes.

Conclusion: Elèves, étudiants et stagiaires doivent être habitués non seulement à traiter de l’information, mais à créer à partir de ces informations des schémas cognitifs qui motivent et conduisent leurs actions au quotidien. Cette conceptualistion est accompagnée de flow. C’est ainsi que pas à pas se construit chez eux la compétence de contrôle. La méthode „Enseigner pour apprendre“ est conçue dans ce but.

Et voici un texte d’Emilie Gosselin qui décrit – avec génie – sa perspective en tant qu’ancienne stagiaire de L’Ecole de la  deuxième chance.

Vivez et apprenez !

Si l’on se base sur jean piaget
Qui remet en cause le rôle traditionnel des parents et enseignants dans l’éducation des enfants les „adultes“ ne doivent pas imposer leurs connaissances, compétences, mais simplement les encourager a apprendre par eux même…
Ayant eu la chance de pouvoir tenter l’expérience a l’école de la deuxième grand Lille site d’Armentières..
Je suis convaincu que Oui…nous apprenons seul, mais…nous le faison en société avec les autres et nous avions besoin d’un instructeur qui nous ouvre les voix vers l’autodétermination…C’est ainsi que rentre en compte LdL qui nous offre une palette d’argument cohérent…vis a vis de la théorie de monsieur piaget…
Lernen durch lerhen développe chez la personne ayant le rôle „Enseignants“ des capacités insoupçonnés
Tel que la créativité… l’exploration qui favorise par ailleurs le goût de l’apprentissage, l’autonomie, accroît la confience en soi…
Je pense également que c’est une histoire de perception
Le fait que l’on explore…que l’on cherche nous pouvons traiter de nombreuses informations et les associée de sorte a ce que l’on comprend et de plus a nôtre rythme personnel comme par exemple (acide, éplucher, délicieuse, marque Apple) l’image d’une pomme on peut parfaitement l’utiliser de façon pédagogique…en ayant la liberté de temps et d’exploration ainsi que la manière d’explorer nous associons et nous avons alors conscience et somme acteur de notre recherche ce qui induit a la réflexion et probablement la connaissance du sujet c’est ensuite le moment de procéder au préparation du cours…encore une fois il favorise la création, pour mon cas une fois avoir trouvé les réponses que je cherchais sur le sujet du cours, jetais dans une tel absorbation que ce fut une évidence a mes yeux alors…il fallait le partagé…C’est a se moment qu’il faut créer…non pas un cour…mais le meilleur moyen pour transmettre ce dont j’ai eu la chance d’apprendre….alors on creuse..et on invente..des replique qui pourrait faire tact dans notre esprit espérant que son interlocuteur ne perd pas le fil…du processus on joue créé des évaluations…on organise son temps.. on essaye de visualiser les situations ou l’on va devoir faire preuve de d’insistance pour certains petit détails sans ce rendre compte que de ce fait nous commençons a bien maîtriser le sujet donc nous allons abordé lorsque nous allons joué l’orateur…C’est a la fois enrichissant, et divertissant…et quelque peu dans tous ça valorisant…puis arrive le moment fatidique la représentation d’un travail…d’une connaissance
C’est a ce moment ou l’on sent que soi même et ses collègues „pédagogue“ vont entré en scène c’est un mélange frissonnant entre vais je pouvoir expliqué en étant fluide…? Oui..sûrement(je connais le sujet pourquoi mon interlocuteur ne comprendrai pas) oh !!! Mais je connais le sujet dit donc..! Même si je je n’arrive pas au point de pouvoir transcender mon esprit dans le cerveau d’un autre pour pouvoir transmettre ses précieuses données au point de lui partager la connaissance d’un sujet tel qu’une division euclidienne moi j’ai bien conscience que je vais enseigner ce que j’ai appris et que j’ai bien réussi a l’apprendre…alors j’ai donc goût a recommencé on recent l’évolution et on a envie de continuer sur d’autre sujet..on croit alors que que le monde et ses mystères tien qu’à nous de pouvoir les percé pour notre cas a moi et mes collègues dont kevin…qui m’a éclairé dans cette exploration nous n’avions plus rien a perdre…mais seulement a y gagné d’ailleurs tellement dans l’optique de vouloir a tous pris pouvoir transmettre nous rendions pas alors compte que nous avions déjà gagné nous avions appris et en plus de ça par nos erreurs de discours et manières nous avons encore appris grâce aux échanges du a nos erreurs c’est alors que la concentration est au plus au niveau….puis lorsque l’interlocuteur comprend alors ce besoin d’accomplissement donc nous avons Répondu grâce a sa propre compréhension du sujet et encore dépassé par un sentiment de transcendance nous avons pu partager…

Emilie Gosselin

Voir les autres textes d’Emilie Gosselin

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